La renaissance des Promenades

Patrimoine arboré classé, remarquable et cher aux Rémois, les Promenades ont progressivement perdu leur cohérence et leur attrait. Le projet paysager de l’agence Osty, choisi par la ville de Reims suite à un appel d’offres, vise à redonner aux Promenades toute leur place au coeur de la ville.

Les défis relevés sont multiples :

  • améliorer l’attractivité des Promenades
  • valoriser leur vocation de vitrine rémoise
  • redéfinir et qualifier les espaces
  • valoriser le patrimoine historique et végétal exceptionnel
  • panser les coupures urbaines entre le quartier de la gare et le centre-ville historique
  • relier et améliorer l’accessibilité
  • revenir aux usages de parc à travers la mise en place de kiosques, de mobiliers, de jeux, d’activités de sport-santé
  • redonner un cadre majestueux aux manifestations commémoratives
  • offrir un lieu de vie à part entière et à l’usage de tous.

Réunifier les basses Promenades et les Promenades Jean-Louis Schneiter

Une continuité structurelle et la mise en cohérence du couvert arboré permettent de réunifier les basses Promenades et les Promenades Jean-Louis Schneiter. Le plan d’ensemble s’appuie sur un axe longitudinal qui traverse toutes les séquences. Cet axe, ponctué de nouvelles « clairières » met en valeur la qualité patrimoniale des Promenades en tant que Sites et Monuments Naturels classés.

Sculpter l’ombre et la lumière

Pour l’agence Osty, la valorisation du site passe par la redéfinition des espaces en rappelant les ambiances forestières. Le projet alterne les vides et les pleins par une série de dispositifs visant à favoriser l’appropriation des lieux par les usagers.

Si aujourd’hui, l’ombre caractérise les basses Promenades et la lumière est plus présente sur les Promenades Jean-Louis Schneiter, Il s’agit de rééquilibrer le contraste tout en conservant les singularités de ces deux séquences des Promenades. L’omniprésence de l’ombre prive les Promenades d’un grand nombre d’usages et de pratiques. Ce rééquilibrage doit transformer les Promenades en un véritable lieu de vie.

La densité d’arbres et la quête de lumière amènent à décliner le registre forestier : celui d’un « bois » dans lequel s’inscrit une succession de « clairières », bordées par des « lisières », traversées par des « allées » et des « sentes ». Ces « événements » rythment le parcours, facilitent le repérage et sculptent l’espace.

Les basses Promenades comptent trois clairières : deux prairies engazonnées et libres d’accès, traversées par des allées qui facilitent des liaisons transversales confortables et directes et un « bassin des brumes ». Le square Colbert forme une clairière à la forme circulaire. Les clairières des Promenades Jean-Louis Schneiter sont constituées du monument aux Martyrs de la Résistance et des deux boulingrins restructurés : l’un est engazonné, l’autre accueille une pièce d’eau ludique et poétique, le « miroir des jets ».

Les franges « boisées » qui encadrent les « clairières » sont appelées « lisières » et donnent l’occasion de développer une strate végétale basse, aujourd’hui absente, facteur d’agrément et de diversité qui participe à l’attractivité des Promenades.

Relier les séquences et les quartiers au sein de la ville

La trame des circulations prend appui sur les lignes de force existantes ainsi que sur celles de la trame arborée. Longitudinalement, deux pistes cyclables, l’une au nord, l’autre au sud, et trois grandes promenades piétonnes relient les unes aux autres, les différentes séquences, ouvrant ainsi des perspectives visuelles et permettant le raccordement à des liaisons transversales. Les axes transversaux sont reliés au tissu urbain environnant.

Valoriser le patrimoine arboré et les monuments dans une logique respectueuse de l’existant

Toutes les grandes pièces de la composition, tous les cheminements et éléments de mobilier sont systématiquement conditionnés par la trame arborée afin de limiter au maximum les potentielles dégradations des arbres. Le projet, respectueux du patrimoine arboré, permet de planter davantage d’arbres qu’il n’en abat : 1040 arbres existants sont conservés, 173 sont abattus et 342 plantés.

À l’articulation du parc de la Patte d’Oie et des basses Promenades, la prégnance automobile fait place à un espace apaisé : la rue Bir Hakeim est revue afin de dégager un terre-plein central intégrant la porte de Paris et les arbres existants. Un plateau piétonnier offre la possibilité de passer du jardin de la patte d’Oie aux Promenades via cette porte monumentale qui ainsi mise en valeur, retrouve sa vocation.
L’esplanade de la porte de Mars est transformée en un parvis majestueux qui met en valeur l’arc de Triomphe, unique témoin de la grandeur de la ville sous le Haut-Empire. Ce vaste espace minéral demeure un espace libre, disponible pour des manifestations. De même, l’ensemble des aménagements intègre et valorise tous les autres monuments ou lieux de mémoire – monument aux Morts, aux Martyrs de la Résistance, boulingrins, statue de Colbert, porte de Paris.

Magnifier la présence de l’eau

Le canal et les bassins du parc de la Patte d’Oie et du jardin d’horticulture sont prétextes à « tirer » la présence de l’eau dans le centre-ville : traitée comme un élément majeur de composition, l’eau est présente sur l’axe longitudinal des clairières et vient qualifier celles-ci.

Plusieurs pièces d’eau ponctuent les Promenades :

  • Les « bassins des brumes » perpétuent l’esprit des jardins et proposent une atmosphère vaporeuse avec des brumisateurs et des gouttes d’eau en lévitation qui dégagent une atmosphère calme et contemplative dans les basses Promenades.
  • Le « miroir des jets » se situe dans le premier boulingrin, où la proximité de la gare et de la place d’Erlon génère une ambiance plus urbaine. Il s’agit donc d’une pièce d’eau ludique composée d’un miroir d’eau, de brumisateurs et de jets d’eau.
  • Les « grands jets », près de la porte de Mars, s’apparentent à une majestueuse fontaine qui jaillit du sol. Leur échelle (hauteur 5 m) est à la mesure des infrastructures et des monuments qu’ils jouxtent. Le groupe de jets est implanté à la jonction des lignes forces de la composition – axe des clairières et axe de la porte de Mars. Le principe de fontaine sèche permet de mettre à disposition l’espace public du parvis et rend possible tout type de manifestations.

Dynamiser les espaces

La diversité des ambiances proposées, le végétal, la présence de l’eau, la diversité des éléments de mobilier induisent une grande variété d’usages possibles. Les Promenades offrent ainsi à tous les publics des espaces appropriés : plus ludiques sur les basses Promenades (en liaison avec les jardins) et plus urbains sur le Promenades Jean-Louis Schneiter. L’ambiance nocturne étendra les usages possibles et fera des Promenades un lieu attractif et festif.

L’équipe Osty se compose de :

  • Atelier Jacqueline Osty et Associés (paysagistes mandataires)
  • Les Eclaireurs (concepteur lumière)
  • Encore Heureux (architectes)
  • OGI (concepteur fontainerie)
  • TPFI (bureau d’études techniques)
  • Elément Cinq (ingénieur agronome)

En images :

La porte de Paris
Les Clairières sur les promenades
Le square Colbert
Vue des Hautes Promenades
Vue de la Porte Mars
Vue de la lisière sud
Les Hautes Promenades de nuit
La lisière sud de nuit