Reims Grand Centre

Détails du projet Reims Grand Centre, comprenant les études d’urbanisme et les préconisations pour le secteur du concours (notamment Promenades).

Une pépite négligée

A côté du centre-ville animé et où il fait bon flâner, le secteur Promenades / République / Boulingrin, est devenu au fil des décennies, un espace urbain linéaire entre faubourg de Reims et hyper centre-ville, lieu de transit ou de stationnement, morcelé par des espaces urbains délaissés.

  • Le secteur d’études est situé à proximité de lieux de centralité, supports d’activités commerciales et pôles d’attractivité (place d’Erlon, rue de Mars, entrée avenue de Laon, pôle d’affaires Clairmarais, ZI Port Sec). Il accueille des animations (fête foraine, courses hors stade, marché du Boulingrin…).
  • Malgré une proximité d’espaces verts de qualité (coulée verte, promenades, cimetière du Nord), une empreinte patrimoniale et historique, ainsi qu’une qualité architecturale reconnue, les Promenades, site classé depuis 1932 n’incitent plus guère à la flânerie. Les voitures en stationnement y côtoient des marronniers dans un piteux état sanitaire.
  • Les coupures urbaines constituées entre autres par les boulevards et les voies SNCF isolent les quartiers Clairmarais, Laon/Zola et l’avenue de Laon, pourtant très proches, de l’hypercentre.
  • Le secteur est très bien desservi en transports en commun, mais on constate malheureusement une congestion récurrente des carrefours et axes de circulation en heure de pointe.
  • Part belle est faite aux voitures-ventouses sur le Boulingrin, ultime parking de surface gratuit du centre de Reims.
  • La clientèle de transit peine à s’arrêter dans une avenue de Laon en souffrance commerciale certaine depuis la mise en service du tramway.
  • On note des entrées de ville qui ne donnent pas à voir la ville (le pont de Laon, l’échangeur routier Reims centre, le secteur de la 12e escadre.
  • Les halles du Boulingrin prennent vie le samedi matin et dorment ou somnolent le reste de la semaine.
  • Des hectares de friches ferroviaires tardent à retrouver une vocation à une époque de pénurie de foncier disponible en cœur de ville.

De plus, en termes d’équipements structurants depuis la fermeture du Nautilud, l’absence de complexe aquatique avec bassin olympique se fait cruellement sentir et pénalise les clubs sportifs comme les familles. En outre, aucun équipement sur Reims n’offre une capacité suffisante pour accueillir de grandes conventions d’entreprises, de grands évènements sportifs ou culturels. Reims, soucieuse d’affirmer ses ambitions et ses fonctions métropolitaines se devait de trouver une solution à ces lacunes.

Un projet pour tout le territoire

En s’appuyant sur ce constat, l’équipe emmenée par Arnaud Robinet et Catherine Vautrin propose aux Rémoises et aux Rémois de partager une « nouvelle vision » pour leur ville. Le projet Reims Grand Centre est un projet pour tout le territoire du bassin de vie rémois, et doit, en redynamisant le tissu économique local, embellir le cadre de vie et permettre à chacun de se réapproprier l’espace public tout en profitant d’une offre nouvelle d’équipements d’envergure.

Construire un vrai cœur de ville et d’agglomération à l’échelle du Grand Reims
Reims Grand Centre témoigne de la volonté de construire un vrai cœur de ville et d’agglomération à l’échelle du Grand Reims à 144 communes, dont les fonctions métropolitaines sont à affirmer face à Strasbourg et aux autres pôles urbains de la grande région. Cette volonté se manifeste selon 2 axes :

  • Renforcer la vocation métropolitaine de Reims en accueillant deux équipements majeurs : le complexe aqualudique avec son bassin olympique et la grande salle évènementielle. Le site du Sernam, idéalement situé au cœur de la ville, desservi par le tramway mais aussi par une nouvelle voie de circulation, à proximité de plusieurs parkings en ouvrage, sera doté d’un parking en silo,
  • Etendre le cœur de ville :
    › Densifier ce secteur avec des opérations mixant des bureaux, des logements, des services et des commerces.
    › Reconquérir les Promenades comme corridor vert et écologique du centre-ville depuis le canal jusqu’au secteur de la 12e escadre, à travers le site du Sernam.
    › Optimiser l’attractivité des commerces de l’hyper centre-ville
    › Assurer l’accessibilité de tout le cœur de Reims avec la création d’une nouvelle voirie nord et en redéfinissant les espaces publics, le stationnement en centre-ville avec 3 nouveaux parkings en ouvrage et les transports publics pour optimiser la desserte du site, en lien avec la nouvelle entrée de ville « pôle d’échanges multimodal ».

Clairmarais, pôle tertiaire renforcé
Autour de la gare TGV Reims-Centre, le quartier doit voir sa vocation de pôle d’activités tertiaires renforcée. Les interventions sur les secteurs voisins permettront de lier plus étroitement Clairmarais au centre-ville.

Assurer l’accessibilité de tout le cœur de Reims avec la création d’une nouvelle voirie nord et en redéfinissant les espaces publics, le stationnement en centre-ville avec 3 nouveaux parkings en ouvrage et les transports publics pour optimiser la desserte du site, en lien avec la nouvelle entrée de ville « pôle d’échanges multimodal ».

Transports : le pôle multimodal, indispensable à l’échelle du Grand Reims

Le pôle multimodal est un sujet majeur qui se conjugue à l’échelle du Grand Reims : l’enjeu est de faire du secteur du Tri postal le point de convergence du réseau de bus avec tous les autres modes de transports. La présence d’une véritable gare routière, antithèse du parking St-Symphorien totalement inadapté, devient nécessaire.

Le réseau de gares et haltes gares TER du Grand Reims
conforte ce projet de pôle multimodal (halte-gare Farman prévue au Contrat de plan État-région, réflexions à venir sur des wagons supplémentaires à Fismes, sur le projet de gare à Witry-les-Reims, ou encore sur le renforcement du réseau TER …).

Les Promenades, poumon vert de Reims
Reconquérir les Promenades comme poumon vert en cœur de ville. Cette volonté passe par leur aménagement en véritable espace de vie avec une partie davantage consacrée à l’évènementiel. Le monument aux Martyrs de la Résistance sera mis en lumière et ses abords requalifiés. L’appel à candidature pour l’aménagement des Promenades sera lancé d’ici la fin du premier semestre 2016. Le choix de l’équipe lauréate interviendra début 2017. La première tranche, celle des Hautes-Promenades pourra être livrée courant 2019. Une 2e tranche concernera les Basses-Promenades et le secteur de la Patte d’Oie.

Repositionner le Boulingrin

Il s’agit ici d’affirmer la vocation du quartier halles/Boulingrin, axée vers le tourisme, le champagne et la gastronomie, en redonnant vie aux halles tous les jours de la semaine et en accueillant un projet privé. Les vestiges de la porte médiévale situés sous le Boulingrin, à sa pointe ouest, seront quant à eux, mis en scène.

L’avancement du projet Reims Grand Centre

La phase de concertation, votée lors du conseil municipal du 14 mars dernier sera lancée d’ici l’été. Des ateliers et des réunions seront organisés pour associer les parties prenantes à l’avancement du projet. L’agence François Leclercq missionnée sur le projet urbain devra pour les prochaines échéances, assister le comité de pilotage, l’accompagner dans la création d’une ZAC, le choix des architectes et assurer une coordination favorisant la cohérence de l’ensemble des projets.

Les études d’urbanisme

Lancées en juin 2015, les études d’urbanisme ont été confiées au cabinet François Leclercq. Ce dernier, architecte-urbaniste commente la démarche :

Les périmètres de l’étude :
« La réflexion que nous menons sur le projet Reims Grand Centre embrasse plusieurs échelles de temps et d’espaces aux vocations bien distinctes :

  • La grande échelle tout d’abord, qui s’étend de la 12e escadre à la Vesle sur près d’une centaine d’hectares. Elle correspond grosso modo à ce grand faisceau qui scinde historiquement le centre de la ville de ses faubourgs Clairmarais, Laon et Mont d’Arène. Et c’est sur cette grande diagonale, qui éloigne autant qu’elle fédère les deux parties de la ville, que j’ai souhaité m’appuyer pour proposer une stratégie d’ensemble ainsi qu’une mise en cohérence des usages et des programmes.
  • L’échelle des secteurs prioritaires que constituent la friche ferroviaire du Sernam, les halles et le Boulingrin, l’îlot nord et le tri postal. Pièces urbaines majeures, elles offrent l’opportunité unique d’amorcer un nouveau morceau de ville à l’articulation des deux faces de la ville ; le centre-ville et les faubourgs.
  • Enfin, l’échelle des Promenades où nos propositions de programmation devront constituer le socle du grand concours de paysage qui sera lancé d’ici la fin du premier semestre 2016.»

Les enjeux :
« Réinvestir les friches ferroviaires et les parkings de surface, pacifier les espaces publics du centre-ville, simplifier les parcours piétons, rendre lisible l’axe Laon/Lundy. Réaliser un morceau de ville, tout en faisant émerger un nouveau lieu de centralité, incarné par le futur complexe aqualudique, la grande salle événementielle et le Boulingrin : telle est l’ambition du projet Reims Grand Centre. Sur près de 100 hectares, de part et d’autres des voies ferrées, c’est un nouveau visage de la ville au sourire qui semble se dessiner. Les fondamentaux sont réunis pour mener ici un projet urbain ambitieux et visible qui contribuera à re­positionner l’agglomération et à reconnecter un espace morcelé.

Il faut profiter de ce grand vide, situé à deux pas de la gare pour y installer une vitrine de la ville capable d’agréger les fonctions économiques, touristiques, de loisirs, de culture et de sports, mais aussi les savoir-faire de la ville et notamment du Champagne. De l’ancienne friche Sernam aux halles du Boulingrin en passant par les Promenades, nous avons imaginé un projet fédérateur organisé autour d’équipements phares qui s’adressent tant aux rémois qu’aux visiteurs d’un jour. Complexe aqualudique, grande salle événementielle, halles du Boulingrin redynamisées, place du Boulingrin réinvestie, Promenades retrouvées constituent les pièces maîtresses d’un projet qui permettra au centre-ville de s’étendre au-delà des limites de l’ancienne enceinte médiévale.Autre enjeu fort : l’amélioration des connexions entre le nord et le sud de la ville et la simplification des parcours piétons. On ne passera pas de la coupure à la couture sans porter une action sur des espaces publics qui sont vécus la plupart du temps comme des carrefours plus que comme de véritables places. Je fais bien sûr référence ici à la place de la République qui à l’aune d’un tel projet ne pourra conserver son gabarit actuel.Je fais aussi de l’axe Laon/Lundy un enjeu prioritaire du projet. Ces deux avenues qui adressent aujourd’hui des commerces et des maisons de champagne n’offrent pas les qualités suffisantes. Demain, avec l’implantation du complexe aqualudique en proue du site Sernam et l’arrivée d’un nouveau programme fort sur la place du Boulingrin c’est tout l’axe à terme qui présentera un nouveau visage. »

Les préconisations pour le secteur du concours (notamment Promenades)

« Au sortir de la gare, sur près de 20 hectares, les Promenades (Hautes et Basses Promenades, Square de la Patte d’Oie, jardin Pierre Schneiter, square Colbert) font face au centre-ville historique. Elles représentent un espace considérable à l’échelle d’un centre-ville et en constituent son poumon vert. A une échelle élargie, elles complètent aussi un corridor écologique et paysager qui s’étend de la butte de Brimont à la Montagne de Reims. Espace incontournable donc, mais sous-utilisé au regard de son potentiel.

C’est un lieu qui doit attirer un public plus nombreux : je propose de ponctuer la balade par l’implantation de kiosques et de réserver un espace à l’évènementiel.

Le stationnement prend beaucoup de place, près de 2 hectares ! soit autant d’espaces verts en moins à destination des rémois et des visiteurs. Le premier enjeu est donc de restituer cet espace aux habitants en reconstituant l’offre de stationnement au sein d’un parking sous les Basses Promenades en entrée de ville.

A chaque fois que je sors de la gare de Reims, une chose me frappe : la difficulté de lire le centre-ville depuis le parvis. Tout en préservant le square Colbert, je pense que les futurs maîtres d’œuvre devront veiller à faciliter les parcours depuis la sortie de la gare, mettre en valeur la façade du centre historique en dégageant notamment les obstacles à l’entrée de la place d’Erlon.

Au sud des Promenades, au niveau du square de la Patte d’Oie, le lien à la Vesle est inexistant ; les aménagements actuels ne donnent pas envie de franchir le boulevard Maurice Noirot. On a l’impression d’être aux confins de la ville, il n’est plus possible aujourd’hui de tourner le dos à ce point à un canal qui borde le centre-ville. Je préconise donc de redonner un vrai accès au canal et à la Vesle. Au-delà, on devrait pouvoir ressentir la présence de l’eau n’importe où dans les Promenades à travers un fil conducteur aquatique notamment.

Le projet de réaménagement des Promenades doit enfin participer à l’enrichissement de l’attrait touristique de Reims à travers notamment la valorisation du patrimoine historique et mémoriel qui est concentré ici : porte de Mars, halles du Boulingrin, porte Louis XV, façades Art déco, etc. »