Le Cellier, ou la qualité culturelle à la rémoise

Le nouveau lieu culturel, installé dans les anciens celliers Jacquart a ouvert au public en avril 2015. Septembre 2017 lancera la troisième saison culturelle de l’établissement consacré à la création artistique professionnelle.

Une histoire champenoise riche

A seulement quelques pas de l’Hôtel de Ville, la bâtisse, construite en 1898 par l’architecte Ernest Kalas, propose une reconversion des plus réussies. La réhabilitation du Cellier a été distinguée en se voyant attribuer le prix départemental du Ruban du patrimoine 2016.
Destiné à l’origine à la société Jules Mumm & Cie, repris par Veuve Clicquot Ponsardin puis par le Champagne Jacquart, le lieu a su, au fil des décennies, s’inscrire comme un élément incontournable du patrimoine architectural rémois ; en particulier sa façade, inscrite au titre des Monuments Historiques depuis 1997.


Plusieurs espaces sur quatre niveaux dédiés à la diffusion d’œuvres ainsi qu’à la pratique artistique en atelier

Parmi les nombreux nouveaux aménagements réalisés à l’issue des travaux dans le Cellier, le public peut désormais découvrir :

Au niveau -1 :
•    Espace d’expositions Giuseppe Nivola. En lieu et place de l’ancienne cave, se trouve désormais une vaste salle proposant un espace de 600 m2 d’exposition.
Deux niveaux inférieurs (locaux techniques) ne sont pas ouverts au public.

Dans cet espace la Ville organise de nombreuses expositions d’arts visuels d’artistes du territoire ou d’ailleurs. Cette diffusion s’articule autour de deux axes privilégiés : les arts urbains et la photographie. L’Ecole Supérieure d’Art et de Design collabore également à la programmation en intervenant sur différents temps de la saison culturelle.

Au rez-de-chaussée :
•    Salle La Môme Moineau, une salle totalement modulable de 80 places
•    Salle Jean-Pierre Miquel, une salle avec un gradin de 144 places
•    Salle Esméralda, une salle de répétition, pouvant notamment accueillir des cours de danse
•    Un foyer a également été pensé pour le public

Ces espaces permettent à la Ville de Reims de renforcer sa politique culturelle d’aide à la création artistique. Ainsi, les compagnies professionnelles de spectacles vivants : théâtre, performance, danse, cirque, marionnette etc… du territoire peuvent venir répéter ou présenter leurs créations. L’établissement offre ainsi une alternative aux grandes institutions rémoises.
Dans l’organisation du calendrier ces espaces sont en prise directe avec l’actualité culturelle et plus particulièrement lors de deux temps forts : Festival Reims Scène d’Europe et Festival Méli’Môme.

Au niveau +1 :
•    Espaces Ernest Kalas qui comporte 3 salles d’atelier de pratiques artistiques

Ces salles de création et de médiation culturelle accueillent les ateliers de la Culture et permettent au service du patrimoine de développer ses activités auprès des différents publics de Reims.

Au niveau +2 :
•    Présence de l’association Nova Villa qui dispose de ses propres locaux administratifs, et profite des salles La Môme Moineau et Jean-Pierre Miquel comme lieu de fabrique et de diffusion pour l’accueil en résidence d’artistes travaillant autour du jeune public. 3 grands rendez-vous au Cellier rythment la saison culturelle de l’association : M’auteur, Week-end Bébés et les Festival Méli’Môme.

 

Le nom des salles du Cellier

Samedi 24 septembre  2016, le Député-Maire de Reims a dévoilé le nom des salles du Cellier. Ces noms révèlent une volonté très forte de mettre à l’honneur les artistes rémois dans tous les domaines artistiques.

1.    Giuseppe Nivola    (1958 - 2007)
Peintre de talent né à Reims, il suit les cours de l’Ecole des Beaux-arts de Reims en 1978 dans une promotion  d’exception qui compte notamment : Christian Lapie et Mauro Corda. Il intègre ensuite  l’école  des arts  plastiques  de Nancy en 1980.
En 1984, il part  pour une année à l’école des Beaux-Arts de KANAZAWA au bord de la mer du Japon,  il souhaite y développer son goût pour la peinture, mais il n’en est rien et découvre alors la gravure.
Il est d’usage de rattacher l’œuvre à la vie de l’artiste et  à sa personnalité.
La  violence picturale  développée chez cet artiste montre  son refus des sentiers battus  et le désir délibéré d’ignorer  les conventions.
Dans l’œuvre peinte,  il travaille sur la couleur  qu’il met au service d’un discours non pas strictement esthétique mais avec une forte signification.
L’imaginaire vaste de l’artiste est puisé dans les films, les légendes, les faits réels touchant ses proches, sa profusion créative est très originale. Les personnages sont souvent en apesanteur mais les verticales les cadrent. Le bestiaire est riche et frappant.
Son geste créatif est fort, il travaillait notamment les peintures à l'huile, les eaux fortes et le dessin. Il griffonnait partout, et il était courant qu'il offre à ses amis une toile ou un dessin réalisé spécialement pour eux.
Giuseppe Nivola était tout à fait lié à la vie du quartier des halles du Boulingrin, son atelier se trouvait au 1er étage du 4 bis rue de Mars, c'est-à-dire dans l’enceinte de l’actuel Cellier.

2.    Jean-Pierre Miquel
    (1979 - 1983)
Metteur en scène français, il est nommé directeur artistique du Théâtre de l'Odéon à Paris de 1971 à 1977. En  1979, il crée Le Centre Dramatique National de Reims qui est alors installé dans l’Ancien collège des jésuites. Le théâtre s’appelle : Théâtre de la Comédie et accueille les spectateurs dans une salle de 100 places. Ce nom inspirera Christian Schiaretti, dans un souci de cohérence, quand il donnera en 1991, le nom de Comédie de Reims au CDN installé dans l’ancienne Maison de la Culture. De 1982 à 1993 Jean-Pierre Miquel est également directeur du Conservatoire National Supérieur d'Art Dramatique de Paris. Il sera ensuite nommé administrateur de la Comédie-Française de 1993 à 2001.

3.    La Môme Moineau    (1908 - 1968)
Chanteuse réaliste, née à Reims et décédée à Neuilly-sur-Seine. Lucienne Suzanne Dhotelle, dite la Môme Moineau, était la fille d’un marchand forain natif de Saint-Quentin, et d’une marchande ambulante, qui demeuraient alors 12, rue des Moulins. Vendeuse de fleurs dans les boîtes de nuit de Montmartre et de Montparnasse, elle fut engagée comme mannequin par Paul Poiret en 1925. Chanteuse à succès, concurrente d’Édith Piaf, vedette de Broadway, elle fit la connaissance à New York du richissime Valentino Benitez Reixach, dit le roi de Porto Rico, qui l’aurait épousée. Devenue milliardaire, propriétaire d’un yacht somptueux, habituée des casinos de la Côte d’Azur, le vol de ses fabuleux bijoux défraya la chronique et Roger Borniche en tira un ouvrage, L’affaire de la Môme Moineau, publié chez Grasset en 1986. La Môme Moineau repose à Porto Rico.

4.    Esméralda
Gitane rémoise du quartier Saint-Remi qui inspira Victor Hugo pour son roman Les Misérables lors de sa visite à Reims à l’occasion du sacre de Charles X en 1825.

5.    Ernest Kalas    (1861 - 1928)
Architecte-décorateur, il fut un savant d’une vaste érudition. Pendant la guerre, il fut l’architecte du palais de Fontainebleau. En 1922, il fonda l’Union rémoise des Arts décoratifs. Nous lui devons le Palais du Champagne réalisé pour l’Exposition universelle de 1900, et les celliers Mumm (1899). On lui doit la façade surmontée de mosaïque du Cellier.
Il occupe les fonctions de conservateur au sein de l'association de la Société des Amis du Vieux Reims de défense et de protection de patrimoine de la ville. Il dresse en une centaine de pages en 1918, un état de la ville détruite par les bombardements allemands[]. De 1919 à 1923, Ernest Kalas devient inspecteur du service archéologique de Reims rattaché au service des Monuments Historiques d'Henri Deneux. Le 23 mai 1920, Kalas, inspecteur des fouilles historiques de Reims, s'oppose au plan Ford en publiant une vive critique dans Le Cri de Reims. Une rue Kalas existe à Reims.

 

Valoriser les pratiques professionnelles

Si depuis quelques années, la Maison Commune du Chemin Vert est devenue la référence dans la pratique artistique en amateur et que la Fileuse en tant que friche artistique permet aux artistes de créer au cours de résidences, le Cellier, quant à lui, associe son nom à la diffusion des pratiques professionnelles, permettant ainsi une réelle synergie culturelle sur la ville.
"Il y a une sélection exigeante des compagnies et de leurs spectacles, mais aussi des expositions qui passent par cette nouvelle adresse", explique Didier Houdelet, conseiller municipal délégué aux spectacles vivants. Et Pascal Labelle, adjoint au maire délégué à la Culture et au Patrimoine d’insister sur "la volonté de la ville d’associer le Cellier à la recherche permanente d’une offre culturelle complémentaire à ce qui existe déjà sur la ville. C’est cette identité que nous souhaitons donner à ce lieu".

 

 

LES RENDEZ-VOUS AU CELLIER :

-> Télécharger le programme du 2e trimestre 2017.

Infos pratiques :

Le Cellier
4 bis rue de Mars
A proximité de l’Hôtel de Ville
03.26.24.58.20
courriel

Accueil du mercredi au dimanche de 14h à 18h.
S'y rendre : City bus arrêt Hôtel de Ville (gratuit : passage toutes les 10 minutes) et
Tram A et B arrêt Cours Langlet.

-> Lire la brochure "Laissez-vous conter Le Cellier"