Ancienne abbaye Saint-Remi

Après la cathédrale, qu'elle égale presque en taille, la basilique Saint-Remi est l'église la plus célèbre de Reims.
En 1793, les révolutionnaires s’attaquent au tombeau de Saint-Remi datant de la Renaissance. En 1847 est érigé un nouveau monument avec le réemploi d’anciennes statues. ©VilledeReims

À la fin du Ve siècle, Remi, évêque de Reims, baptise le roi franc Clovis. À sa mort, il est enterré dans un petit oratoire au Sud de la ville. Très vite, son aura suscite de nombreux pèlerinages et conduit à l’installation d’une communauté bénédictine auprès de son tombeau. L’invention du saint Chrême, par l’archevêque Hincmar, au IXe siècle, s’appuie sur une légende selon laquelle une colombe aurait apporté une fiole contenant une huile miraculeuse pour le baptême de Clovis. Utilisée pour le sacre, cette huile confère son caractère sacré au roi. Les moines veillent donc sur la dépouille du saint et sur la sainte-ampoule.

Au XIe siècle, l’église, reconstruite, est considérée comme le plus grand édifice de style roman pour l’époque, ce qui témoigne de son importance. Dans la première moitié du XIIe siècle, le choeur, les deux premières travées de la nef et la façade sont repris dans le premier style gothique.

À partir de Louis XIII, les rois au lendemain du sacre, prennent l’habitude de se rendre de la  cathédrale à Saint-Remi en grand cortège militaire dénommé Cavalcade de Saint-Remi. Ils affirment ainsi leur rôle de défenseurs de l’église.

Au XVIIIe siècle, l’abbaye est fortement remaniée. La Révolution chasse les moines. Si l’église est rendue au culte et élevée au rang de basilique en 1896, lors du quatorzième centenaire de l’anniversaire du baptême de Clovis, les anciens bâtiments conventuels sont convertis en hôpital. Les destructions de la Première Guerre mondiale n’épargnent pas le site. La basilique ne retrouve sa fonction qu’en 1958. À la suite d’une grande campagne de restauration, l’abbaye devient, à la fin des années 1970, un musée historique dont les collections comportent un volet d’histoire locale et régionale, de la préhistoire à la Renaissance, et une section d’histoire militaire.

L’escalier d’honneur de l’abbaye Saint-Remi a été élevé en 1778. Au niveau du premier palier est accroché un tableau, de Hyacinthe Rigaud, du jeune Louis XV en costume de sacre. ©VilledeReims