Les crayères

Des « cathédrales » souterraines.

Dès le Moyen Âge, les productions textiles locales ont une grande renommée et sont exportés à l’échelle du monde connu. Avec le développement du vin de Champagne, au XIXe siècle, les négociants empruntent les mêmes circuits commerciaux que les ballots de laine jusqu’à se substituer à eux. Le succès du Champagne couplé à un besoin d’espace de plus en plus important, incitent certains négociants à s’installer sur la colline Saint-Nicaise.

Cette colline se situe à 2 km au sud-est de Reims culmine à 135 mètres. Occupé dès l’époque romaine, ce site est marqué à l’époque médiévale par des congrégations religieuses (abbaye Saint-Nicaise). Son sous-sol se compose d’une craie blanche très pure, appelée craie de Reims. Au Moyen Âge, mais plus probablement à l’époque moderne, ce matériau est exploité pour différents usages (construction, chaux, activités textiles…).

La craie ne résistant pas au gel, l’extraction s’organise en souterrain. La profondeur des crayères est conditionnée par la nappe phréatique, les plus vastes ont une hauteur de 35 mètres. Les crayères sont reliées entre elles par des galeries de liaison, on comptabilise 350 crayères.

Les négociants de Champagne voient dans les anciennes crayères, un lieu idéal pour l’élaboration des vins effervescents (température et humidité constantes). En effet, à la différence des vins traditionnels, le Champagne s’élève en caves avec la seconde fermentation. En 1768, Claude Ruinart est le premier à s’installer sur la colline. Il est l’exemple typique du négociant en textile et en Champagne. Il sera rejoint par d’autres maisons à partir des années 1860-1870.


Crayère de la maison de Champagne Charles Heidsieck, on voit l’essor, « puits d’extraction de la craie » qui sert aujourd’hui à la ventilation et à l’apport de lumière naturelle © Michel Jolyot – Association Paysages du Champagne
Caves de l’ancienne abbaye Saint-Nicaise, actuelle maison de Champagne Taittinger © Michel Guillard - Association Paysages du Champagne