La cité jardin du chemin vert

Une terre de mécénat social
Avenue de l’Yser, Cité du Chemin Vert, dans les années 1920. ©Le Foyer Rémois

Le patronat du Champagne est fortement marqué par les idéaux du catholicisme social mais aussi par l’éthique protestante. Ceci s’explique par la présence d’une importante communauté d’origine allemande et alsacienne. Le développement de l’activité s’accompagne d’un mécénat social.

Sur la colline, deux aménagements témoignent de cette démarche.
En 1907, Melchior de Polignac, petit-fils de la Veuve Pommery prend la tête de la Maison. Imprégné de théories hygiénistes – il a réalisé une partie de ses études au collège jésuite de Stella Matutina de Feldkirch (empire d’Autriche), établissement encourageant la pratique d’activités physiques – il décide de créer un parc de jeux et de sport à l’usage de son personnel. Ce projet est révolutionnaire par son ampleur, 22 hectares aménagés et son caractère champêtre. C’est au paysagiste rémois, Edouard Redont, que le projet est confié.

En 1912, à la suite des mauvais résultats de la France aux Jeux olympiques de Stockholm, le marquis de Polignac, proche de Pierre de Coubertin, crée dans le parc Pommery, un collège d’athlètes pour l’entraînement des sportifs français.
Le site dévasté par la Première Guerre mondiale sera remis en état au début des années 1920 mais le collège d’Athlètes ne sera pas reconduit. Aujourd’hui, le parc, rebaptisé Parc de Champagne, offre un cadre privilégié pour la promenade et des manifestations en plein air.

L’autre initiative pour les ouvriers est la création de cités-jardins.
En 1912, à l’initiative de Georges Charbonneaux*, industriel chimiste, réunissant autour de lui de nombreux industriels dont ceux du champagne, est fondé le Foyer Rémois, société d’Habitations à Bon Marché. Son objet est d’acquérir, bâtir ou améliorer des logements sains et hygiéniques pour loger les familles ouvrières. La guerre met un coup d’arrêt aux premières réalisations. La Reconstruction offre une nouvelle opportunité pour mener à bien cette ambition. Parmi les huit cités-jardins du Foyer Rémois durant l’entre-deux guerres, une se détache, le Chemin-Vert. L’architecte Jean-Marcel Auburtin dessine l’ensemble qui se remarque par :

  • une urbanisation prenant en compte la topographie naturelle et un traitement paysager des espaces
  • le nombre de logements, 640 repartis en maisons jumelles ou en bandes
  • un niveau d’équipements exceptionnel, Maison de l’enfance, Maison Commune, centres commerciaux, école Pommery, église Saint-Nicaise.

Toujours propriété du Foyer Rémois, la cité-jardin du Chemin-Vert a fait l’objet d’une grande campagne de réhabilitation qui a visé à préserver le caractère du site tout en améliorant les conditions de vie des locataires.

-> Plus d’informations : Laissez vous conter le chemin-vert

* Georges Charbonneaux est fils et frère d’industriels spécialisés dans la verrerie utilisée pour la mise en bouteille du champagne et se déclare à l’occasion viticulteur (par son épouse).

Clos urbain du domaine Pommery vers 1970, avec le Parc Pommery sur la droite. © Archives Vranken-Pommery