(10) Les bombardements

Reims dans la guere en 1915

De l’automne 1914 à la fin de 1915 Reims est bombardé presque quotidiennement. Jusqu’à la fin de novembre 1914, ces bombardements affectent surtout les faubourgs Cérès et de Laon ainsi que le centre-ville mais ne s’étendent guère au-delà de la Cathédrale et du Théâtre. Fin novembre, le faubourg de Paris est touché à son tour. Désormais, aucun quartier de la ville n’est totalement à l’abri des obus même si, bien évidemment, les secteurs au-delà du canal et de la Vesle sont plus à l’abri. Les faubourgs de Cérès et de Laon ainsi que le centre-ville se vident largement de leur population civile. La partie animée de la ville se transporte dans le faubourg de Paris, à Courlancy et à la Haubette.

Certains bombardements sont particulièrement violents, avec plusieurs centaines de projectiles envoyés, et marquent les contemporains. Au début décembre 1914, la ville est encore bombardée avec une intensité particulière ; Janvier et la première quinzaine de février 1915 s’écoulent sans grand désastre. Mais à partir de la mi-février 1915, les bombardements redoublent. La nuit du 21 au 22 février 1915 voit les obus tomber de 21 h à 2h30 du matin et cela à une moyenne de 10 à 12 obus à la minute. La journée du 22 février compte encore 5 heures de bombardement ininterrompu. Pendant ces deux jours, 2000 obus sont tombés sur tous les quartiers de la ville faisant 20 victimes civiles. La voûte intérieure de la cathédrale, qui avait résisté jusque-là, est crevée. Une vingtaine de maisons sont incendiées. Début mars, Reims connaît de nouveaux bombardements importants, d’abord sur le centre puis sur les faubourgs. De nombreux obus incendiaires sont utilisés. Le 16 mars, 2 obus atteignent la cathédrale. Le 21 mars Reims reçoit une cinquantaine d’obus et le lendemain un avion allemand jette des bombes sur la ville faisant trois victimes parmi la population civile. Dans la soirée du 28 avril, entre 21h 30 et 23 h,  Reims reçoit 500 obus. La ville est à nouveau sévèrement bombardée le 20 juillet et le 19 octobre avec, à chaque fois, 500 à 600 obus tombés.

Les canons allemands qui pilonnent la ville sont des 77 (canon d’artillerie légère similaire au 75 français) mais aussi des canons beaucoup plus lourds comme celui de 150 ou le mortier de 210, construit par Krupp et capable d’envoyer des obus de plus de 100 kilos à 10 kilomètres de distance. Les obus sont soit explosifs, soit incendiaires, voire à plusieurs reprises asphyxiants. Depuis des avions (des Taubes ou des Aviatiks en ce début de guerre) qui survolent la ville sont aussi lancées des bombes et des fléchettes d’acier.

C’est dans cette première partie de la guerre que le nombre de civils tués est le plus important. Sur les 800 victimes civiles de la guerre, 345 ont été tuées entre septembre et décembre 1914 et 128 en 1915. Les pertes élevées de l’automne 1914 s’expliquent de deux manières. D’une part, la population, surprise au départ par les bombardements, met un certain temps à acquérir des réflexes de sécurité. D’autre part, elle est encore relativement nombreuse, Jean-Baptiste Langlet l’estimant à 60 000 personnes en octobre-novembre 1914. Ce sont d’ailleurs ces bombardements de la fin 1914 qui amènent beaucoup de Rémois à quitter leur ville en décembre 1914 et janvier 1915. Le premier recensement officiel effectué le 18 février 1915 compte 35 524 habitants restés dans la ville. Un deuxième, fait le 23 mai, en donne 26 665 (7665 enfants, 11959 femmes, 7041 hommes) et un troisième, le 29 octobre, 21 813.

La ville est pourtant loin d’être entièrement détruite. Ainsi, dans une lettre expédiée au sous-préfet le 31 juillet 1916, le maire indique que si un tiers des 13 000 constructions de la ville est gravement touché (dont 800 immeubles détruits en totalité), un tiers l’est légèrement et un tiers est intact. Avec le temps, une certaine accoutumance des Rémois aux bombardements se développe. Ils apprennent à distinguer les obus qui « tombent loin » de ceux qui menacent directement. Une certaine fierté se développe même chez ceux demeurés dans leur ville, particulièrement face aux visiteurs, français ou étrangers, souvent terrorisés au moindre bruit d’obus et pressés de repartir vers des zones moins dangereuses. 

01 TISSAGE POULLOT RUE SAINT-THIERRY
02 PLACE DROUET D'ERLON
03 RUE DE VESLE
04 RUE DES CORDELIERS
05 SOUS-PREFECTURE RUE DE L'UNIVERSITE
06 RUE EUGENE DESTEUQUE
07 ETABLISSEMENT LAINE ANCIEN COUVENT DES CORDELIERS RUE DES TROIS-RAISINETS
08 RUES CERES ET NANTEUIL
09 UNE RUE EN 1915
10 ANGLE RUE DE TALLEYRAND ET RUE THIERS
11 RUE TRUDAINE
12 INTERIEUR DE L'EGLISE SAINT-REMI
13 FAUBOURG CERES
14 4 RUE DE LA CLEF
15 PLACE ROYALE
16 RUES COURMEAUX ET SAINT-CREPIN
17 PLACE ROYALE LE 29 AOUT 1915
18 RUINES AUX ALENTOURS DE LA CATHEDRALE 22 AOUT 1915
19 RUINES VERS LE CHEVET DE LA CATHEDRALE 22 AOUT 1915
20 RUINES VUE PRISE D'UN TOIT LE 23 AOUT 1915
21 VUE PANORAMIQUE DES RUINES 24 AOUT 1915
22 REIMS 1915
23 RUINES RUE EUGENE DESTEUQUE 23 AOUT 1915
24 RUINES RUE SAINT-SYMPHORIEN 22 AOUT 1915
25 MAISON RUE D'ANJOU EVENTREE PAR PROJECTILE DE 210 28 AOUT 1915
26 MAISON DE CHAMPAGNE POMMERY 23 AOUT 1915
27 RUE EUGENE DESTEUQUE 28 AOUT 1915
28 VICTIMES DE BOMBARDEMENTS ENTRE LE 3 JANVIER ET LE 21 MARS 1915 TRAITES A L'HOPITAL CIVIL