« Un second mandat pour transformer, pour rassembler »

Réélu maire de Reims dès le premier tour de l’élection municipale, le 15 mars dernier avec plus de 66 % des voix, Arnaud Robinet a d’emblée dû veiller, avec l’ensemble des agents de la  municipalité, au maintien des services essentiels à la population suite à l’annonce du confinement, deux jours seulement après le scrutin. À l’aube de l’été et après plusieurs semaines d’un  déconfinement qui semble réussi, place désormais à la reprise ! L’occasion pour le maire élu de transformer ses projets de campagne en réalisations concrètes.

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Interview

Entre élection, confinement, déconfinement, le printemps 2020 s’est montré imprévisible sur bien des points. Après cette période inédite et face aux défis qui nous attendent, dans quel état d’esprit êtes-vous ?
J’ai de nature un état d’esprit combatif et je suis rempli d’énergie pour mener à bien les projets que nous avons proposés aux Rémois. Bien sûr, nous allons avoir des défis à relever et la collectivité va devoir s’adapter à l’après Covid-19. Devant l’ampleur de la crise sociale et économique qui risque de nous attendre, certaines priorités pourront évoluer ; c’est pourquoi je  demande à l’ensemble de la majorité de faire corps, de ne faire qu’un pour servir au mieux nos concitoyens avec le seul souci de l’intérêt général. Malgré les circonstances, le « contrat » que nous avons passé avec eux sera respecté, comme ce fut le cas lors du premier mandat.

Des Rémois qui vous ont choisi pour maire dès le premier tour, c’est un réel témoignage de confiance…
C’est évidemment une satisfaction. Néanmoins, il faut conserver beaucoup d’humilité. Je n’oublie pas en effet le taux trop important de l’abstention et le contexte du moment, nous obligeant dès le lendemain de la victoire à gérer l’urgence de la situation. Ce score très positif m’invite à respecter cette confiance qu’on m’a renouvelée et à m’efforcer d’aller encore plus loin pour  servir cette ville, que j’aime et qui m’a vu naître.

Symboliquement, quelle sera la première mesure de ce second mandat ?
C’est une mesure qui répond avant tout à ce que nous impose la sortie de la crise liée au coronavirus : l’accompagnement de la collectivité au monde économique, touché de plein fouet. C’est pourquoi nous distribuons avec ce numéro du Reims Attractive un bon d’achat de dix euros, valable à partir de 30 euros d’achats chez nos commerçants et nos restaurateurs de  proximité. Nous avons réfléchi aussi à d’autres dispositifs (chrono piétonnisation, élargissement des terrasses…), tous destinés à créer un effet levier sur l’économie locale.

Parmi les priorités de votre programme en 2020, c’est l’amélioration du cadre de vie qui occupe une place majeure…
Il y a une chose qu’on ne peut nier et qui est à la fois un défi majeur à relever : s’adapter au changement climatique. C’est pourquoi l’écologie doit aujourd’hui faire partie de nos priorités. C’est en ce sens que nous avons réfléchi à plusieurs projets, à l’image de l’aménagement des berges de Reims le long du canal. Mon souhait, dans un avenir proche, c’est que les Rémois puissent profiter d’un espace vert à moins de 300 m de chez eux, d’autant plus dans certains quartiers pouvant manquer de végétation ; je pense notamment au quartier Clairmarais, très urbain et très dense.

Tout comme en 2014, la sécurité reste l’une de vos priorités. Beaucoup a été fait en six ans (doublement des effectifs de la Police municipale, multiplication des caméras…), l’objectif  aujourd’hui est de renforcer le lien avec la population sur le terrain ?
La crise que nous venons de traverser a montré une chose : le rôle essentiel de la Police municipale dans le domaine social et relationnel, c’est-à-dire bien au-delà de ses missions premières. Cela va complètement dans le sens de ce que je souhaite pour ce nouveau mandat qui s’ouvre : une police plus présente sur le terrain, dans les quartiers notamment, avec des agents qui apaisent, discutent, et qui renforcent le lien social avec la population. Sur l’aspect sécuritaire en tant que tel, nous avons eu l’accord pour l’expérimentation d’un commissariat mixte polices municipale et nationale, pour une mutualisation encore plus importante qui renforcera la coopération. Il sera implanté dans l’un des quartiers de notre ville. Je n’oublie pas la question de la sécurité résidentielle : nous travaillons sur ce point avec la police, la justice, les bailleurs sociaux, etc., pour mettre sur pied des dispositifs de sécurité efficaces et durables.

Dans la même optique d’amélioration du cadre de vie et du bien vivre à Reims, vous souhaitez également poursuivre l’apaisement de la circulation dans la cité.
Historiquement, Reims est une ville à la campagne où l’on circule bien en voiture. Et bien circuler nous incite davantage à prendre notre véhicule pour effectuer nos déplacements. Bien sûr, il n’est pas question de supprimer la voiture dans les rues, l’idée étant plutôt que chacun puisse se déplacer comme il le souhaite dans sa ville (à pied, à vélo, en voiture, dans les transports en commun). L’enjeu, c’est de réussir cette cohabitation, en rendant à chacun l’espace public auquel il a droit, d’où la mise en place de l’expérimentation des « corona pistes »  depuis le début du déconfinement pour les cyclistes. C’est pour nous un test pour l’avenir mais aussi une illustration que la transition est en cours... que le budget alloué à la voirie restera inchangé au cours de ce nouveau mandat, tout comme notre politique voulant qu’à chaque rénovation de voirie nous intégrions, partout où cela est possible, une voie cyclable.

La crise a mis en évidence la fragilité, parfois l’isolement, d’une partie de la population, renforçant leurs difficultés. Comment la Ville peut-elle les aider au mieux ?
Le rôle de la municipalité est d’accompagner de manière responsable ses concitoyens traversant des difficultés sociales. Pour ce faire, le Centre communal d’action sociale joue un rôle  essentiel et fédérateur, d’autant plus en ce moment. Écouter, rassurer, orienter, aider… aux côtés des structures associatives dans le domaine social, il oeuvre au quotidien auprès des Rémois dans le besoin. En continuant de lutter contre l’isolement et le renoncement aux soins, de veiller sur nos seniors, de favoriser les réseaux d’entraide, la Ville poursuivra son rôle  d’acteur social. La tenue régulière des assises de la solidarité et du forum des associations qui deviendra annuel en seront notamment deux exemples significatifs.

Le monde de la culture, qui a également lourdement pâti de la crise liée au coronavirus, aura une place toute particulière dans les prochaines années…
Effectivement. Depuis mon arrivée, j’ai eu à coeur de soutenir et d’accompagner l’ensemble des acteurs culturels de notre ville, et d’autant plus en ce moment. En filigrane, nous préparons la candidature de Reims pour devenir capitale européenne de la culture en 2028. Cette candidature, c’est une opportunité supplémentaire de fédérer et rassembler l’ensemble de la  population, mais aussi toutes les structures volontaires (scènes nationales, maisons de quartier…) autour d’un grand projet commun. Cela renforcera notre identité et notre fierté d’être Rémois, de partager la même histoire et le même sentiment d’appartenance.

Vous repartez pour un second mandat entouré d’élus qui vous accompagnaient déjà en 2014 mais aussi de plusieurs nouveaux entrants. Comment avez-vous bâti votre équipe ?
J’ai souvent dit que le mandat de maire était le plus passionnant, parce que l’on change le cadre de vie des habitants pour l’améliorer, mais c’est peut être aussi le mandat le plus exigeant. C’est pour cela qu’il est important d’être bien « entouré ». Humainement, bâtir un second exécutif est plus compliqué. Il faut pouvoir se baser sur l’expérience des uns tout en intégrant de  nouvelles forces vives. Cela suppose de faire des choix. Mon équipe, je l’ai voulu composée de personnes loyales et avant tout compétentes dans leur domaine. C’est important que chacun.e puisse toujours se concentrer sur ce qui doit primer, à savoir l’intérêt général.

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