(33) Reims ville honorée de la Légion d'honneur

26 villes françaises reçurent la Légion d’honneur après la Première Guerre mondiale, la remise des décorations s’échelonna de 1919 à 1930.

Reims en est gratifiée par décret du 4 juillet 1919. Le même jour, la même décoration est attribuée au drapeau de la compagnie des sapeurs-pompiers de Reims, distingués pour leur bravoure.

La décision d’accorder ces prestigieuses décorations fut prise rapidement par Georges Clemenceau, président du conseil. Le décret d’attribution signé, le lendemain 5 juillet Jean-Baptiste Langlet maire de Reims annonçait par voie d’affiche la remise de la Légion d’honneur par le président Poincaré pour le 6 juillet.

La croix de chevalier fut conférée à la Ville pour le motif suivant « Ville martyre qui a payé de sa destruction la rage d’un ennemi impuissant à s’y maintenir. Population sublime qui, à l’image d’une municipalité modèle de dévouement et de mépris du danger, a montré le courage le plus magnifique en restant pendant plus de trois ans sous la menace constante des coups de l’ennemi et en ne quittant ses foyers que sur ordre. A montré dans l’avenir de la France une foi profonde, à l’exemple de l’héroïque Française vénérée à Reims, dont la statue s’élève au cœur de la ville. (Croix de guerre) ».

La nomination entraînait l’attribution de la Croix de guerre avec palme, ce que spécifiait le décret.

Le 6 juillet donc, au pied d’une estrade dressée sur le perron de l’hôtel de ville incendié, devant les poilus des 138e et 107e régiments d’infanterie, les présidents et délégués des sociétés, les enfants des écoles, la foule très nombreuses, les discours du maire et du président de la République furent l’occasion de rappeler que Poincaré était déjà venu à Reims pendant que la ville était dans l’épreuve. La Croix fut épinglée sur un coussinet décoré aux armes de la Ville. Puis vint le tour de la compagnie des sapeurs-pompiers de Reims.

Le président effectua ensuite une visite de la ville pour constater l’ampleur des destructions.

Si les décorations accordées ce jour-là et les discours constituaient une reconnaissance morale et symbolique des souffrances endurées, les Rémois attendaient qu’ils soient suivis d’une aide plus concrète pour relever la ville de son lit de ruines.

 
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