La Gazette des Etoiles

Le ciel du mois, les observations, les images et les dernières nouvelles du ciel

Le ciel du mois d'août 2020

La carte du ciel vous donne les positions des astres le 1er août 2020 à 23h30, ou le 15 août à 22h30 ou le 31 août à 21h30.

La planète Mercure entame un périple qui la conduira derrière le Soleil le 17 août. Elle restera invisible tout le mois..

La planète Vénus est bien pendant toute la deuxième partie de nuit, avant le lever du Soleil, dans la direction de l'est. Elle atteint son élongation maximale le 13 août.

Mars continue de grimper en éclat et gagne en visibilité pendant tout ce mois. La planète rouge se lève à minuit en début de mois, à 22h en fin de mois.

Jupiter et Saturne sont bien visibles pendant toute la première moitié de la nuit. Les deux géantes, voisines dans le ciel, se couchent vers 4h30 en début de mois, et vers 2h30 en fin de mois.

L'image - Un été sur la planète Saturne !

Le 21 juillet, la planète Terre était au plus près de la planète Saturne. Cet événement, que les astronomes qualifient d'opposition, se produit chaque année - tous les 378 jours, pour être précis.

Ces 378 jours tiennent leur origine de la course ininterrompue à laquelle se livrent les deux planètes : la Terre fait le tour du Soleil en 365 jours, la planète Saturne, beaucoup plus lente, en fait le tour en près de 30 ans... Il faut donc un peu plus d'un an - 378 jours, donc - pour que la Terre rattrape la planète aux anneaux.

L'événement n'a donc pas de caractère exceptionnel, mais il permet de bénéficier de conditions particulièrement favorables pour observer Saturne : non seulement la planète est au plus près de la Terre, mais elle est en plus visible toute la nuit.

Le Télescope Spatial Hubble a profité de ces conditions favorables pour nous livrer une magnifique image de la planète Saturne, le 4 juillet dernier. Sur cette image, la structure des bandes nuageuses de la planète géante est parfaitement visible, de même que les divisions au sein des anneaux. Il est même possible de voir la surface de la planète à travers la division de Cassini, cette large zone sombre de près de 5 000 km de large, qui marque la frontière entre les anneaux intérieurs et les anneaux extérieurs.

Deux satellites naturels sont également présents sur cette image : le petit Encelade, en bas de l'image, et Mimas, sur la droite.

Cette image nous offre également une très belle perspective sur le pôle nord saturnien, bien visible en cette période estivale ... car c'est en ce moment l'été dans l'hémisphère nord de Saturne ! Un été qui dure un peu plus de 7 ans. Mais ne vous y trompez pas : à 1,5 milliards de kilomètres, même en été, la température ne dépasse jamais les -180°C, et en soirée, la petite laine reste recommandée.

 
Le communiqué de presse, sur le site de Hubble (en anglais)

https://hubblesite.org/contents/news-releases/2020/news-2020-43

L'info - Le Soleil se réveille !

Difficile d'en douter me direz vous, étant donné l'épisode caniculaire que nous traversons !

Mais cet épisode de fortes chaleurs est surtout lié à des phénomènes prenant vie dans l'atmosphère de notre planète, puissants anti-cyclones, courants chauds qui remontent d'Afrique, etc... Mais il n'est pas question ici de météo terrestre. Lorsque l'on parle de l'activité solaire, il s'agit en réalité de la météo spatiale, influencée en grande partie par ce qu'il se passe à la surface de notre étoile. Le Soleil, composé majoritairement d'hydrogène, et d'un peu d'hélium, est une gigantestque boule de plasma, mesurant 700 000 kilomètres de rayon. Celle-ci est chauffée à 15 millions de degrés Celsius en son cœur, sous l'effet de la fusion nucléaire. La température diminue graduellement à mesure que l'on s'éloigne du noyau, pour atteindre environ 5800°C au niveau de la surface.

Mais cette activité est sujette à fluctuations. Ces périodes d'activité plus ou moins élevée se répètent de façon cyclique, et le Soleil n'est d'ailleurs pas le seul à subir ces variations d'intensité, il appartient à la grande famille des étoiles variables. Selon les étoiles, ces changements d'activité peuvent être plus ou moins longs et d'amplitude plus ou moins forte. Concernant notre Soleil, les variations restent contenues, puisqu'elles ne comptent pas pour plus d'1% dans les changements de température ressentis sur Terre. En revanche, si la météo terrestre à elle seule, ne peut nous renseigner sur l'activité du Soleil, son observation au cours des derniers siècles nous a permis de découvrir et de décrir ce cycle. En effet, on remarque, en observant notre étoile à l'aide de filtres très puissants, que la surface de celle-ci se recouvre de tâches selon une période de 11 ans. En parallèle, on observe sur cette même période, lorsque l'activité est au contraire minimale, des épisodes où le Soleil est dépourvu de tâches.

La présence de ces tâches s'explique par la force du champ magnétique solaire. La surface du Soleil est perpétuellement redessinée par la convection. A la manière d'une casserole d'eau qui bout, le plasma chaud, moins dense, remonte en surface, puis se refroidit. Une fois refroidit, il redevient plus dense, et retombe dans les profondeurs, où il sera de nouveau réchauffé, et ainsi de suite. Mais lorsque le champ magnétique augmente suffisemment, il parvient à maintenir du plasma en surface plus longtemps, laissant le temps à celui-ci de se refroidir, sans toutefois plonger dans le Soleil. On observe alors une zone plus sombre en surface, qui peut parfois résister pendant plusieurs jours avant de sombrer.

Nous étions depuis l'année dernière dans ce que l'on appelle le minimum solaire, période pendant laquelle on n'observe pas ou peu de tâches solaires, en raison de la faible activité magnétique. A titre d'exemple, au cours de l'année 2019, le Soleil aura montré une surface parfaitement blanche pendant 281 jours au total. Cette année, l'activité semble remonter progressivement, comme le montre l'image en illustration de ce billet. Après deux années très calmes, l'activité du Soleil semble de nouveau repartir à la hausse. Nous devrions donc voir son activité augmenter au cours des 5 prochaines années, jusqu'à atteindre un nouveau maximum, comme en 2015, où il n'y a eu aucune journée sans tâche solaire.

Une autre observation vient confirmer ce changement de cycle: celle de la polarité du champ magnétique des tâches solaires. Les astronomes ont remarqué qu'une fois que la période de onze ans qui sépare deux minimums est écoulée, la polarité du champ magnétique à l'origine des tâches solaires s'inverse. Or la majorité des quelques tâches solaires observées depuis le début de l'année possèdent un champ magnétique inversé, ce qui ne laisse que peut de place au hasard, concernant l'entrée dans ce nouveau cycle solaire numéroté 25. Le cycle solaire numéro 1, débutant en août 1755.

Ceci est une bonne nouvelle pour les astronomes spécialisés dans l'observation du Soleil*, puisqu'ils vont de nouveau pouvoir sortir leurs instruments couverts de poussière afin de surveiller les caprices de notre étoile !

* L'observation solaire peut s'avérer fatale pour vos yeux si elle est réalisée sans précaution. Elle nécessite l'utilisation de filtres dédiés, type Astrosolar ou Mylar par exemple. N'observez jamais le Soleil directement, ni à l'œil nu, ni au travers d'un instrument non filtré à l'ouverture (paire de jumelles, lunette, télescope, etc...). 


Plus d'infos:

https://spaceweather.com/archive.php?view=1&day=10&month=08&year=2020

Pour observer le Soleil sans s'abîmer les yeux:

https://helioviewer.org/

Position des planètes autour du Soleil

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