Reims au sortir de la guerre.

En fait, on s’est préoccupé de la reconstruction de Reims bien avant la fin du conflit. Dès le début de l’année 1915, l’architecte rémois Hippolyte Portevin s’interroge dans une note sur ce qu’il conviendra de faire après la guerre. Des architectes (Henri Piquart d'Epernay, Ernest Kalas) font des propositions. En juin 1915, le service de la voirie édite une plaquette intitulée « renseignements généraux en vue de l’établissement d’un plan régulateur et d’extension de la ville ». L’accentuation des destructions due aux bombardements oblige à en faire une nouvelle édition en mai 1918. Sur le plan national paraît, toujours en 1915, Comment reconstruire nos cités détruites. Il s’agit d’un ouvrage consacré à la reconstruction en général et signé par trois architectes dont le Rémois Edouard Redont. En juin 1916, dans le cadre d’une exposition intitulée La Cité reconstituée et qui a lieu à Paris au pavillon de Marsan, deux projets rémois présentent les quartiers détruits à réaménager. Les militaires font d’ailleurs très vite retirer ces projets par crainte de leur utilisation par d’éventuels espions. En janvier 1917, Jean de Bruignac, adjoint au maire de Reims, prononce une série de conférences au Musée social à Paris sur un projet de loi touchant à l’expropriation pour cause d’utilité publique. Enfin, les 24 août et 4 octobre 1918 deux réunions sont organisées au 19 avenue de l’Opéra à Paris, siège provisoire de la mairie de Reims, avec des architectes rémois et parisiens.

A la fin de l’année 1918, avec le dégagement de Reims puis la fin du conflit, il devient possible de passer aux réalisations concrètes. En décembre, la municipalité lance un concours auprès des architectes. Une vingtaine de projets sont ainsi exposés entre le 2 et le 14 janvier 1919  dans une salle de l’Ecole Professionnelle de la rue Libergier,  puis soumis à l’examen d’un jury les 15 et 16 janvier. Ce jury est composé d’un tiers de techniciens (présidents de sociétés d’architectes, directeur du service d’architecture de la ville de Paris), d’un tiers de personnes connaissant bien le passé et les intérêts de Reims (Albert Benoist, président de la chambre de commerce ou Hugues Krafft, président de la Société des amis du vieux Reims) et d’un tiers de membres du conseil municipal (le maire, ses deux adjoints et trois conseillers municipaux). Finalement, les services municipaux élaborent un plan qui s’inspire des meilleures idées de cette consultation. En fait, ce premier plan reste largement imprégné de conservatisme et reprend la philosophie de Jean-Baptiste Langlet pour qui « il ne saurait être question de tout abattre et de tout démolir pour faire de Reims une ville ne ressemblant en rien à notre antique et glorieuse cité ». Le plan, présenté et voté les 15 et 16 mai 1919, est prévu pour un coût de 194 millions de francs auquel il conviendra de rajouter 33 millions pour les égouts. Quant à l’enquête d’utilité publique, elle est menée du 24 juillet au 11 août 1919. Mais ce plan n’aboutit pas car la commission départementale le refuse en novembre 1919, lui reprochant de manquer d’ambition et de ne pas suffisamment s’inspirer des besoins modernes.


 

Dernière mise à jour : 21 octobre 2022

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