"Les premiers retours et la vie provisoire", exposition Centenaire de l’Art déco
La libération de Reims
Début octobre 1918, l’offensive de la IVe Armée du général Henri Gouraud repousse les Allemands, qui finissent par évacuer la zone. Reims est libérée. La nouvelle se propage, dans toute la France et le monde, notamment par la presse.
Des messages de soutien arrivent peu à peu auprès de la municipalité, suivis de propositions d’aide à la reconstruction et de demandes de retour.
L’installation du Conseil municipal à Reims
À la suite de la libération de la ville, les élus reviennent dans la cité. L’hôtel de ville étant en ruine, la première réunion du conseil municipal se tient dans une salle de classe de l’école pratique de commerce et d’industrie, rue Libergier.
Le maire fait alors un bilan des années de guerre, des sept mois d’exil et des mesures urgentes à prendre pour la reconstruction et le retour des Rémois.
La reprise des communications
Les communications sont peu à peu être rétablies, permettant ainsi la reprise des échanges, notamment pour le transport de marchandises et l’organisation du ravitaillement.
Les logements provisoires : préfabriqués, baraquements : une vie provisoire : baraquements pour habitants et commerçants
Pour accueillir les habitants et les ouvriers chargés de la reconstruction, des baraquements provisoires sont commandés et installés dans la ville. Ils servent avant tout de logements et de commerces et sont disposés dans les quartiers devant accueillir les personnes indispensables à la reprise de la vie de la cité.
La construction d’un baraquement au lieu-dit Chemin vert
Les conflits concernant l’attribution de baraquements
Les demandes de particuliers
L’ouvroir américain
En 1919, des baraquements sont construits entre deux boutiques sur les Promenades pour accueillir l’aide américaine, à l’instar de l’ouvroir américain, œuvre commémorative de l’American memorial Workrooms. Le bâtiment portant l'inscription « l'ouvroir américain est provisoirement transféré ici », est destiné à l’accueil des Rémois bénéficiaires de l’aide américaine, surtout des femmes, qui venaient travailler le textile dans ces ateliers. Un an plus tard, ce site est ravagé par un incendie ne laissant que des structures dévastées.
La fourniture de mobilier
La fourniture de matériel sanitaire
Les produits de 1ère nécessité : charbon, alimentation, etc.
La municipalité doit organiser le ravitaillement de ceux qui ont eu l’autorisation de revenir à Reims, comme les élus, les ouvriers, le personnel municipal et quelques habitants et commerçants possédant un logement habitable.
Nourrir les Rémois
Le charbon, énergie vitale
Les chevaux et le fourrage
Les importations
L’organisation des retours
La municipalité reçoit de nombreuses demandes de Rémois exilés demandant des attestations de domicile, des laissez-passer, des prises en charge de transport et de rapatriement de leur mobilier. Ces formalités leur sont indispensables pour justifier de leur déplacement, mais également pour rester dans les communes d’accueil en attendant des conditions de retour plus favorables.
La situation de ces rémois est parfois difficile car ils doivent affronter l’incompréhension des villes d’accueil, qui ne comprennent pas toujours pourquoi « ces indésirables réfugiés » ne rentrent pas chez eux. Ils sont parfois dans une situation précaire car sans travail donc sans ressources.
Le maire reçoit chaque jour ces appels au secours, auxquels il doit répondre tout en s’occupant de la reprise de la vie dans la cité.
Les demandes des habitants
Les demandes des maisons de champagne
Echanges avec le ministère du Blocus et des Régions libérées et le ministère de la Guerre
Le retour du patrimoine rémois
Une fois la guerre terminée, il faut reconstruire mais il faut également rendre à la ville son histoire et son identité.
Il faut dresser un état des lieux de ce qui a été détruit afin de faire les demandes de dommages de guerre, puis reconstruire et essayer de reconstituer les collections disparus. Il faut également réorganiser le personnel, prévoir un budget.
Une fois cette tâche acquittée, un nouvel écrin digne des collections rémoises pourra accueillir les archives, les ouvrages et les œuvres d’art évacués afin que ces collections soient à nouveau remises à la disposition du public.
L’hôtel de ville ayant été ravagé par les flammes en 1917, il faut en effet trouver un nouveau lieu d’accueil pour les collections, proposant plus de place et plus de confort pour les usagers.
Henri Loriquet, chargé de faire un rapport sur l’histoire des collections devant le conseil municipal lors de la séance du 3 février 1921, conclut sa notice par un vœu « celui de voir la future Bibliothèque s’ériger sur la place Royale, dont l’hôtel de la douane [actuelle sous-préfecture], échappé au bombardement, fournirait la sobre et grandiose façade, ou tout au moins, dans les environs de la cathédrale, autour de laquelle vont se trouver groupés tous les établissements scientifiques de la ville ; celui aussi, et surtout, de voir bientôt se tendre vers notre misère actuelle et nos légitimes aspirations la main munificente de quelque mécène, auquel nous pourrions reporter avec reconnaissance le vers que Virgile adressait à Auguste : deus nobis haec otia fecit [un dieu a fait ces loisirs pour nous] ».
📃 Documents à consulter
- Exposé sur le devenir des musées et de la Bibliothèque municipale, 3 février 1921 (AMCR, 171W1-1921/21)
- Exposé sur le passé, le présent et l’avenir de la Bibliothèque municipale de Reims, 3 février 1921 (AMCR, 171W1-1921/22)
- Délibération sur le Musée lapidaire, 11 octobre 1926 (AMCR, 171W3-1926/358)
Le vœu d’Henri Loriquet fut en grande partie comblé car, le 10 juin 1928, les collections patrimoniales des Archives municipales et de la Bibliothèque de Reims trouvèrent leur écrin art déco au chevet de la cathédrale, grâce à la donation d’un riche industriel américain, Andrew Carnegie, dont le nom restera à jamais attaché au lieu de conservation de la mémoire et de l’histoire de Reims.
Dernière mise à jour : 09 juillet 2025